Avec la série Et omnia, Claire Artemyz continue d’explorer le versant intime de l’humain. Le crâne — enveloppe de la pensée — y apparaît comme un objet anatomique paradoxal : à la fois marqueur de l’identité individuelle et signe de notre appartenance au genre humain. En photographiant des crânes d’Homo Erectus, d’Homme de Néandertal et d’Homme anatomiquement moderne (Cro-Magnon), l’artiste engage un face-à-face avec nos ancêtres et se confronte à un passé lointain. La photographe considère ici le crâne comme la trace d’une présence habitée d’émotions.
Dans la continuité de la série Affleure de peau, elle se met en quête du paysage contenu dans ce qu’elle regarde. C’est ainsi que des sutures crâniennes deviennent des lits de rivières asséchées. Le médium photographique est ici utilisé non pour montrer le réel, mais pour construire un langage visuel. En échappant à la figuration, Claire Artemyz s’éloigne de l’anecdotique laissant au spectateur un espace de projection plus vaste, ouvert à l’imaginaire et à la pensée. Par un travail subtil de la lumière, elle révèle la lithophanie de l’os crânien. Il en résulte des clichés aux couleurs flamboyantes, qui semblent parfois s’embraser telle une pensée qui fuse. Le crâne devient alors vestige vibrant de la vie, de la conscience et du mystère de l’altérité.





















